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J'ai téléchargé le jeu suite à l'article du Monde sur Playtime, intriguée par ce nouveau style de jeu. J'ai apprécié la plongée dans les souvenirs voire l'inconscient du personnage. Même si les possibilités sont de fait limitées, voici enfin un "jeu" qui invite à une réelle réflexion. J'aime jouer, et non me battre ou tuer... : le monde des jeux vidéos sans combat est extrêmement restreint. J'aime aussi réfléchir, me questionner, etc. Jusqu'ici, tous les jeux vidéos auxquels j'ai pu jouer étaient désespérement limités de ce point de vue. Certes, les jeux sérieux se développent, mais leur contenus restent finalement très limités : formation ou sensibilisation à telle ou telle cause. Le message est clair dès le départ, il s'agit juste de "faire passer la pillule" d'une manière un peu plus ludique. Je pense aussi que l'industrialisation du jeu vidéo s'est faite très rapidement, du fait de l'investissement important en temps et en compétences qu'un jeu représente (comparé à un film ou un livre, dont la réalisation est à la portée de quasiment tout le monde). Et comme on est dans un monde industriel, le jeu doit être profitable, donc taillé sur mesure pour un public déjà constitué, ce qui n'encourage qu'une créativité très marginale.
Je suis convaincue du potentiel créatif des jeux vidéos : pas seulement de la créativité graphique, sonore, scénaristique, mais d'une créativité artistique, de la possibilité de créer une expérience de jeu qui laisse des impressions aussi profondes que des livres ou des films. Sans doute même plus profonde, dans la mesure où l'immersion peut être encore plus forte, et où la "liberté" engage encore plus le joueur qu'un spectateur ou un lecteur. Je rêve de pouvoir imaginer et réaliser de tels "jeux". La réponse des gamers traditionnels est toujours la même : personne n'y jouerait. Je rétorque que les gamers ne sont peut-être pas les seuls à vouloir jouer, mais que les autres ne trouvent pas de jeux à leur goût (c'était mon cas en tout cas, jusqu'à aujourd'hui). Ceci dit, le publlic resterait sans doute relativement limité, un peu comme le cinéma d'auteur...
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